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| Isaac Newton est, à coup sûr, l'un des plus grands génies que l'espèce humaine ait jamais produit. On peut le comparer, par l'envergure de l'oeuvre entreprise et menée à bien, qu'à deux autres grands noms de la science : Archimède et Einstein. Il est le seul, avec ce dernier, à s'être attaqué avec succès au problème très difficile de la gravitation. Mais ses intérêts furent nombreux et ses découvertes considérables. Du calcul différentiel et intégral à la mécanique, en passant par l'optique, ses travaux auraient suffi à faire la réputation d'une bonne douzaine de savants. Mais il s'occupa de chimie, de chronologie et surtout de théologie, bien plus que des mathématiques et de philosophie naturelle, goûta à la carrière politique et fut, pendant plus de trente ans, un grand commis de l'Etat. C'est dans le manoir du hameau de Woolsthorpe dans le Lincolnshire en Angleterre que naquit le jour de noël 1642, c'est-à-dire quelques mois après la mort de Galilée, Isaac Newton, fils d'Isaac Newton et de Hannah Ayscough. On sait peut de choses du père d'Isaac; c'était, semble-t-il, un homme frustre et assez faible. Il mourut à l'âge de 37 ans, peu après son mariage et trois mois avant la naissance de son fils unique. Par contre, sa mère Hannah était issue d'une famille aisée venant du Yorkshire. Elle fut très affectée par la disparition de son époux et peut-être est-ce pour cette raison qu'Isaac naquit prématurément. Le petit Newton fut baptisé le 1er janvier 1643; le registre porte la mention du baptême 1642 car, jusqu'à l'introduction du calendrier grégorien en 1752, l'année, en Angleterre, commençait le 25 mars. A l'âge de 2 ans, la mère d'Isaac se remaria et alla rester avec son nouvel époux à North Witham, laissant l'enfant au soin de sa grand-mère maternelle et sous la tutelle de son oncle James Ayscough. À 5 ans, Isaac commença par fréquenter l'école primaire du village, d'abords à Skillington, en suite à Stoke. Il y apprit à lire et à écrire et se familiarisa avec les premiers éléments d'une arithmétique assez sommaire. Vers l'âge de 12 ans Isaac, ainsi préparé, fut envoyé à l'école secondaire de Grantham. Il y était depuis 4 ans lorsque sa mère le rappela à Woolstorpe pour qu'il apprît à devenir fermier et administrer son petit domaine ( qu'il avait eu du deuxième mari de sa mère comme cadeau de mariage ). Dès lors il était normal d'espérer qu'il succèderait à son père et dans ce cas il était bien évident qu'un petit propriétaire n'avait guère besoin de plus qu'une éducation secondaire. Mais après quelque temps, la mère d'Isaac s'aperçut que son fils était doué pour la mécanique et non pour s'occuper du bétail. Elle prit la décision de le retourner à l'école pour qu'il puisse entrer à l'université un jour. À 17 ans, Isaac se lie d'amité avec une ancienne camarade de classe, la demoiselle Storey. Cette amitié se mua smble-t-il en amour et les deux jeunes gens se fiancèrent, étant entendu qu'ils se marieraient seulement quand Isaac aurait suffisamment avancé dans ses études.
À Cambridge, pendant les 3 premières années de sa vie d'étudiant, il étudia l'arithmétique, la géométrie dans les éléments d'Euclide, et la trigonométrie. Sa rencontre avec son professeur de science, maître Isaac Barrow, devait être déterminante pour la carrière académique de Newton; elle est à l'origine de l'intérêt qu'il porta d'emblée aux mathématiques. Le professeur Barrow fut tellement surpris par l'apprentissage rapide de Newton qu'il démissionnera 6 ans plus tard pour céder la place à Newton qu'il reconnu très vite comme un mathématicien et un physicien d'une classe exceptionnelle. À 23 ans, le jeune Newton est reçu Bachelor of arts, ce qui correspond au grade de licencié dans notre nomenclature actuelle. La peste, qui avait ravager l'Europe pendant plusieurs décennies, sévissait en Angleterre et l'université étant fermée Newton retourna à Woolsthorpe, dans la ferme natale. il devait y passer la plus grande partie des deux années à venir, occupé à méditer et à travailler. C'est à cette époque qu'il faut faire remonter toutes les grandes découvertes qu'il explicitera des années plus tard. Au cours de ces deux années de retraite presque forcée mais entre coupée de séjour à Cambridge, Newton rédigea cinq courts mémoires sur la nouvelle application des séries infinies à une méthode générale pour résoudre les propiétés des lignes courbes et des aires qu'elles limitent (calcul différentiel et intégral ).
En 1672, à l'âge de trente ans, voulant retourner à la Royal Societyl'hommage qu'elle lui avait rendu en l'accueillant dans son sein à l'occasion de la présentation du télescope à miroir, Newton décida de présenter une communication importante décrivant ses travaux sur la lumière, des années 1666 et 1667. Cette communication allait rendre Newton célèbre tout d'un coup, et faire de ses découvertes l'objet de nombreuses contreverses et de querelles de priorité dont il allait très vite avoir une horreur profonde. Ce premier mémoire, qui marque une date dans l'histoire de la science physique moderne, eut sur les contemporains de Newton un effet considérable. Il eut aussi d'importantes conséquences sur la vie et sur le caractère de son auteur. Il y eu plusieurs années de controverses entre Isaac Newton et Robert Hooke à propos de la lumière ( et de la gravitation ). Newton, afin d'éviter une nouvelle controverse ne consentit pas à publier son ouvrage d'optique avant la mort de Hooke. Celui-ci mourut en 1703 et l'Optiquefut publié dès 1704 accompagné de deux traités de mathématiques. Mais la plus grande contreverse entre Newton et Hooke fut celle de la loi de l'inverse carré; Hooke n'était pas encore en possession de cette loi, mais il avait avancé dans la compréhension du problème. Ses idées étaient tout à fait indépendantes de celle de Newton et il ignorait bien sûr que ce dernier se fut intéressé à la question. Newton, à cette date, n'en avait soufflé mot à personne et on comprend que quelques année plus tard, Hooke insista sur son droit de priorité, accusant même Newton de lui avoir volé son idée. Mais Newton prétendit ne pas avoir été au courant des recherches de Hooke et ne pas avoir lu ses travaux sur l'attraction. Mais aujourd'hui nous savons que Newton a menti, non pas parce qu'il se sentait coupable d'avoir plagié Hooke, mais simplement parce qu'il détestait le personnage.
Trois ans plus tard, à 54 ans, la santé mentale de Newton alla beaucoup mieux, il fut nommé gardien de la monnaie de l'Angleterre et maître de la monnaie dès l'année suivante. Newton, sans pourtant abandonner sa chaire, quiita Cambridge pour Londres avec plaisir car la plupart des amis qu'il y avait eu étaient morts ou bien étaient partis. À partir de 1699, Newton commença à s'intéresser assidûment aux activités de la Royal Society. Peu après, il était nommé membre du conseil de la société. En 1701, Il lut, lors d'une réunion, l'unique mémoire de chimie qi'il ait jamais fait connaître, si l'on accepte quelques courts articles, sous forme de lettre, sur les acides. Cette même année, il présenta sa loi sur le refroidissement par conduction, ainsi que des observations sur les températures d'ébullition et les températures de fusion. Enfin il décrivit un thermomètre et sa graduation entre des températures étalons. Le 10 décembre 1701, Newton démisionna de la chaire lucasienne qu'il avait conservé à l'université de Cambridge, Bien qu'il ne fit plus de cours depuis de nombreuses années, et le 30 novembre 1703, il fut élu président de la Royal Society. Constamment réélu à cette présidence, Newton allait la conserver jusqu'à sa mort. Newton avait mené à Londres une vie brillante, fréquentant les salons, voyant souvent ses amis dans des tavernes et sachant lui-même offrir de magnifiques divertissements, bien qu'il reçu rarement chez-lui. Il assistait régulièremenr aux réunins de la Royal Society et se rendait à la Monnaie , une fois par semaine. La maladie se déclara en 1724 et l'année suivante une toux persistante l'obligea à quitter Londres pour Kensington. Le 28 février 1727, Newton, à peine remit d'une attaque de goutte se rendit à Londres pour présider une réunion de la Royal Society. La fatigue du voyage lui fut fatale. De retour à Kensington, il dut s'aliter et il expira le 20 mars dans sa 85 ième année. Son corps fut porté en grande pompe. Ses biens personnels furent répartis également entre ses neveux et ses nièces. |